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DANS LA FORÊT de Jean Hegland

Éditions Gallmeister

A tout prix …

Cet été, je m’étais fixé comme objectif de vider un peu ma PAL. C’est pourquoi, j’ai essentiellement lu des livres qui m’attendaient depuis de très longs mois, voire années. C’est le cas de cet ouvrage de Jean Hegland (que j’avais gagné à un concours dès sa sortie) et qui n’avait malheureusement pas eu la chance de bénéficier de mon attention immédiate.

Le résumé de l’éditeur.

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité, ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Mon ressenti sur cette lecture.

Inspirée d’une vie où l’homme aurait l’obligation de revenir à l’essentiel, ce roman de Jean Hegland nous raconte l’histoire de deux sœurs livrées à elle-même dans un monde où tout le confort actuel aurait disparu. Plus d’électricité, plus de téléphone, plus de carburants et dans leur cas, plus de parents pour les aider à survivre. Le pourquoi du comment ? L’auteur fait le choix de rester assez vague sur le sujet bien qu’effectivement j’aurais aimé en savoir un peu plus. Tout juste parle-t-on de conflits, voire de guerres entre pays mettant progressivement et définitivement fin à l’abondance des commodités du monde moderne. Un roman qui date un peu et qui pourtant m’est apparu terriblement d’actualité en raison de la conjoncture. En tout cas, il soulève une question qui nous apparaît peut-être bien plus réaliste aujourd’hui que ces dernières années.

Nell et Éva sont deux adolescentes qui vivent avec leurs parents dans une maison au cœur de la forêt. Leur mère est décédée prématurément d’un cancer et alors que le monde change et devient hostile, un terrible accident les prive également de leur père. Nous découvrons leur histoire à travers le journal écrit par Eva sur le dernier cahier qu’elles ont en leur possession. Bien décidées à survivre, nous les suivons d’abord rationnelles, persuadées que le confort sera bientôt rétabli, que quelqu’un va venir les chercher et qu’il faut juste tenir jusque-là. Mais la situation est bien loin d’être temporaire. La survie est de plus en plus dure. Le but de l’auteur est d’explorer les sentiments, les relations humaines face au manque, à la peur, à la survie. Ne pouvoir compter que sur elle-même, faire confiance à la nature parfois hostile, se confronter et se familiariser au retour à la vie sauvage. Les ressentis, les comportements de l’âme humaine se durcissent, s’obscurcissent, se font violence au fur et à mesure que défilent les pages, que survivre devient un combat de chaque instant. La solitude pèse également énormément sur nos héroïnes dont on voit les comportements se modifier. Il n’y a plus de contacts possibles avec le monde extérieur. D’ailleurs où sont-ils ? Plus de voisins, plus de signe de vie, que le vide. Je reconnais que l’auteur réalise une véritable prouesse dans la description des sentiments et fait ressortir avec brio une véritable humanité malgré la dureté.

Pourtant, je préfère avouer que j’ai eu souvent l’impression d’une certaine longueur. Peu d’action, beaucoup de descriptions, beaucoup de contemplatif, d’intériorisation et de psychologie. Si vous aimez ce genre de roman, vous allez être comblés. La profondeur comme la qualité de cet ouvrage ne font aucun doute. De plus, La fin également a été pour moi une grande déception. Car à mon goût, il n’y en a pas réellement. L’auteur a souhaité simplement laisser libre cours à l’imagination, à l’allusion. Une grande métaphore qui m’a stupéfiée et m’a laissé refermer ce livre sur une grande désillusion.

Pour autant, Nell et Éva ont su à leur manière, chacune me toucher. La passion d’Éva : la danse. Mais comment danser sans électricité ? Sans elle, plus de mélodie, plus de musique. Trouver un vieux métronome et multiplier les pas au seul son de son vieux tic-tac.  Le frisson du lecteur est palpable, leur courage est exemplaire. Comment réagirent à leur place ? Aurait-on une telle force de vivre ? C’est une situation que l’on ne préfère même pas imaginer. Une véritable immersion progressive à l’essence même de la vie.

Pour Conclure.

Un roman initiatique d’une puissance de transmission incroyable des émotions. Retourner à une vie loin de toute civilisation, apprendre à survivre uniquement grâce à la terre qui nous a façonnés, revenir à elle malgré la vision inhospitalière que nous pouvons en avoir à cause du monde moderne. Pourtant, un récit qui aurait tout de même mérité, selon moi, une fin un peu moins énigmatique.

Ma note : 15.5/20

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