Actualités,  Chroniques,  Romans,  Romans et Littérature

UNE SOIF DE LIVRES ET DE LIBERTÉ de Janet Skeslien Charles

Éditions JC Lattès

Lire pour résister, résister pour lire.

J’avais fait l’acquisition de ce livre dès sa sortie tellement j’étais sous le charme. Pourtant, sans savoir vraiment pourquoi, il aura attendu de nombreux mois dans ma pile à lire avant que j’ai envie d’en tourner les pages.

Il y a un moment pour chaque livre et ces derniers jours, j’ai vraiment apprécié de me plonger dans ce récit empreint d’histoire.

Le résumé de l’éditeur.

Odile Souchet, vingt ans à peine, s’épanouit dans son travail à la Bibliothèque américaine de Paris, où elle côtoie la fameuse directrice Dorothy Reeder.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, la jeune femme risque de tout perdre, y compris sa chère Bibliothèque. Alors que les nazis envahissent Paris, Odile et ses amis s’engagent dans la Résistance avec leurs propres armes : les livres.


Inspiré de la vie de ces amoureux des mots qui ont pris le risque d’aider leurs lecteurs juifs, Une soif de livres et de liberté explore la géographie des sentiments, les conséquences de choix irréversibles et nous enseigne comment le courage peut surgir en des circonstances et des lieux inattendus.

Mon ressenti sur cette lecture.

Dès le premier regard, ce livre m’apparaît comme la tentation même ! La couverture, le titre, le résumé : un livre qui parle de livres déjà cela commence fort. Le contexte ? Celui de la 2nde guerre mondiale, période que j’aime beaucoup explorer dans les romans.

Paris, 1939. Nous faisons la rencontre d’Odile, jeune bibliothécaire tout juste diplômée qui, contre l’avis de ses parents, se fait embaucher à la grande bibliothèque américaine de Paris. Les livres, pour notre héroïne, comme pour ses collègues, c’est une vraie passion. Au-delà du travail, entre consœurs, confrères, abonnés et habitués, elle y trouve comme une deuxième famille. Mais Hitler n’est pas loin et la guerre se rapproche. À mesure que les troupes allemandes envahissent Paris et que la répression s’intensifie, la vie s’assombrit. Les personnes de confession juives sont exclues des lieux publics, de précieux ouvrages seront détruits. Mais la résistance s’organise : il faut continuer à tourner les pages, à s’enivrer de savoir et d’histoires, la bibliothèque doit continuer à vivre. Entre premiers amours, séparations douloureuses et deuils, nous suivons le destin de ces hommes et ces femmes qui continuent de croire au pouvoir des livres. Les protéger, continuer à les partager est devenus une priorité au péril de leurs vies.

Je suis admirative d’Odile, bien sûr, mais également de tous les personnages de ce roman, d’autant plus qu’il s’agit d’un récit tiré de faits réels. Ce combat, comme certains personnages ont bel et bien existé. Trahisons, dénonciations, corruptions, prostitutions … Peut-on juger certains actes ? Quelles réactions auraient-on eu face à la peur et à la faim ? Certaines questions s’immiscent souvent dans nos pensées lorsqu’on lit ce genre d’ouvrage. Si nous condamnons tout de suite certains actes, cherchons bien et nous trouverons sûrement des circonstances atténuantes à d’autres. Parfois même, nous ne voyons pas les choses de la même façon que les personnages. L’épilogue m’a fendu le cœur. Le sacrifice qu’aura fait notre héroïne en valait-il vraiment la peine ? La personne en face valait-elle vraiment une telle renonciation ? Pas à mes yeux en tout cas.  C’est cela la magie des livres, ils nous font vivre, nous font réfléchir…

En filigrane de cette histoire, naviguant au fil de chapitres intercalés, nous plongeons dans les années 80 aux États-Unis où nous retrouvons Lily, jeune adolescente, elle aussi abimée très tôt par les épreuves de la vie. Quel rapport ? Très juste, je me le suis demandé aussi au début. Et bien, elle va se lier d’amitié avec la vieille dame solitaire de la maison d’à côté, Mrs Odile Gustafson. Auriez-vous déjà deviné qui est Odile ? Finalement, qui va aider qui, et pourquoi ? Nous retrouvons, en parallèle de l’histoire principale, notre bibliothécaire dans une autre vie, une autre époque.

C’est l’habile procédé d’écriture choisi par l’auteure pour vous délivrer l’épilogue du fabuleux et courageux destin d’une jeune fille amoureuse des livres…

Pour conclure.

Un monde qui devient fou à cause d’un seul homme et c’est des millions de vies qui basculent dans l’horreur …

Un roman bouleversant de courage et de résilience, un magnifique témoignage, un roman très bien écrit, addictif qui aura su me surprendre jusqu’à la fin.

A noter que la version poche de ce livre est sortie en avril 2022.

Ma note : 16/20

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Bouton-Amazon.png.
L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Silhouette-détourée.png.

Mes citations préférées.

Le chagrin est une mer constituée de nos larmes. Des rouleaux d’eau salée recouvrent les profondeurs obscures que nous devons traverser à la nage à notre propre rythme, et il faut du temps pour nous bâtir une carapace qui résistera aux années.

Certains jours, mes bras tranchaient l’eau et je sentais que tout irait bien, le rivage n’était pas si loin. Puis, l’espace d’une seconde, un seul souvenir suffisait presque à me submerger et je me retrouvais à mon point de départ, bataillant contre les vagues, épuisée, sombrant dans mon propre désespoir.

UNE SOIF DE LIVRES ET DE LIBERTÉ de Janet Skeslien Charles

J’avais prévu de dire au Bibliotheksschutz qu’une bibliothèque sans membres est un cimetière de livres. Que les livres sont comme les gens, qu’ils cessent d’exister sans contact.

UNE SOIF DE LIVRES ET DE LIBERTÉ de Janet Skeslien Charles

[…] aimer, c’est accepter quelqu’un, totalement, sans rien en rejeter, pas même les choses qu’on aime pas ou qu’on ne comprend pas.

UNE SOIF DE LIVRES ET DE LIBERTÉ de Janet Skeslien Charles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :