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UN GRAIN DE MOUTARDE de Laila Ibrahim

Editions Charleston

Couleur Amour …

Il y a des hasards qui tombent à pic.

J’ai ressenti l’envie de lire « Le Crocus Jaune », sans savoir que les Éditions Charleston prévoyait de publier la suite quelques semaines plus tard.

Une occasion parfaite de démarrer cette rentrée littéraire tant cette lecture avait été un vrai coup de cœur pour moi.

Le résumé de l’éditeur.

États-Unis, 1868

Dix ans se sont écoulés depuis que Lisbeth Johnson a trahi sa famille et quitté la riche plantation de son enfance pour épouser un abolitionniste. Dix ans au cours desquels elle a espéré chaque jour recevoir un signe de pardon – en vain. Jusqu’à cette fin d’après-midi où une lettre la convoque au chevet de son père mourant.

Est-il enfin l’heure, alors que la guerre de Sécession a pris fin depuis trois ans déjà, de panser les plaies du passé ? Sans hésiter, Lisbeth entreprend le voyage vers son Sud natal.

Mais à Fair Oaks, le temps semble s’être arrêté. Et lorsque Lisbeth croise le chemin de son ancienne nourrice, Mattie Freedman, elle-même de retour avec sa fille Jordan dans la plantation où elles ont connu l’esclavage, les trois femmes se retrouvent confrontées au racisme, à l’injustice et à la violence qui ravagent toujours le sud du pays. Pour se libérer de leur passé, elles devront faire preuve d’une force et d’un courage extraordinaires…

Mon ressenti sur cette lecture.

Ce n’est pas sans une certaine impatience que j’avais envie de retrouver les personnages de Mattie et Lisbeth dont la découverte m’avait tant ému durant ces dernières vacances. Alors que dix ans ont passé, que nous les retrouvons dans leurs nouvelles vies, on pourrait s’attendre à ce que les choses aient changé et que le sort des personnes de couleur ne soit plus celui qu’il était. Sur le papier, oui, dans la réalité, c’est bien autre chose. La guerre a pris fin, mais les hommes blancs, notamment dans certains états, rivalisent d’ingéniosité abjecte pour continuer à exploiter des vies humaines.

Lisbeth, qui n’a pu revoir sa famille depuis qu’elle a fait le choix de fuir la plantation de ses parents, est appelée au chevet de son père mourant. Pleine d’espoir, la voici de retour à Fair Oaks, avec ses enfants, où contre toute attente rien n’a changé. Pire, notre héroïne se rend compte, avec désespoir, que sa mère et son frère nourrissent à son encontre une haine qui n’a fait que s’accroître depuis des années, la rendant responsable de leur malheur. Il faut alors rappeler pour ceux qui n’ont pas lu le premier opus que Lisbeth alias Élisabeth a été, de coutume, élevée par Mattie, une esclave noire de la plantation de ses parents. La relation puissante alors née entre la petite fille et sa nourrice, a tout bouleversé. En âge de se marier, Lisbeth a préféré prendre la fuite que de faire un mariage de convenance, organisé de toutes pièces par sa famille, la forçant à consentir au sort réservé aux esclaves comme Mattie. Sa nounou, elle, avait réussi à s’enfuir avec sa petite fille sous le bras, bravant tous les dangers, pour retrouver son mari et son fils qui avaient réussi à s’évader.

Le chemin des deux femmes va de nouveau se croiser lorsque Mattie se mets en tête d’aller sauver sa cousine Sarah, toujours exploité à la plantation.

Je dirais que cette suite est toujours aussi intense en émotions. Mais qu’elle est différente. Là où « Le Crocus Jaune » est concentré sur la relation interdite entre une petite fille et sa nourrice, autour de laquelle va alors graviter une partie importante de notre histoire, « Un Grain de Moutarde » est plus centré sur ces faits historiques, sur lesquelles viennent alors se greffer ces magnifiques liens d’amour. C’est sûrement, ce qui me fait rester dans la nuance et forcément préférer le premier tome sur lequel j’avais émis un coup de cœur magistral.

Pour autant, cette suite n’en est pas moins remarquable, loin de là. Cette plume est toujours aussi noble et palpitante. L’histoire est toujours aussi intense et percutante. Quoi de mieux qu’un roman comme celui-ci pour faire vivre le souvenir d’évènements et d’actes qui ne doivent plus jamais se produire. Ce livre est une ode à la liberté, un hommage à ces hommes et ces femmes qui se sont battus pour avoir le droit de disposer de leur vie, pour ceux et celles qui se sont joints à leurs combats pour que nous puissions naître tous et toutes libres et égaux.

Pour conclure.

Un livre que je vous conseille bien évidemment d’autant qu’il peut se lire, je pense, indépendamment du premier. Cela dit, il serait dommage de passer à côté.

D’une résonance incroyable, cet excellent roman est porteur d’espoir, d’amour, de solidarité mais surtout il est d’une profonde humanité dont le message ne pourrait pas plus résonner dans le monde d’aujourd’hui.

J’aime les Éditions Charleston pour cette capacité à dénicher et à mettre en lumière ces destins si poignants.

Ma note : 17/20

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Mes citations préférées.

On va semer un peu d’amour pour récolter un peu d’espoir, dit-elle.

UN GRAIN DE MOUTARDE de Laila Ibrahim

Si qu’on est assez de gens à mettre une goutte d’eau à la même place, ben, on peut faire pousser une fleur … au milieu du désert.

UN GRAIN DE MOUTARDE de Laila Ibrahim

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