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FINAL FANTASY XV – THE DAWN OF THE FUTURE de Jun Eishima

Editions Mana Books

Chronique en collaboration avec la chaîne YouTube SULIVEN GAMING.

Depuis de nombreuses années, les projets cross média sont très populaires.

Un roman à succès devient un film, un jeu vidéo devient une série… Et dès que l’on touche à des icônes comme Harry Potter ou Star Wars l’éventail est énorme : série, film, livre, BD ! N’importe quel support est bon pour mettre en avant ces licences particulièrement lucratives.

Pour vous parler de ce livre extrait d’une série de jeux vidéo vieille de plus de 30 ans, sur laquelle je ne me sens pas légitime, je me suis associé, pour la première fois, à la chaîne SULIVEN GAMING que je remercie vivement pour la rédaction de cette chronique.

Voici donc son billet ci-après :

Le résumé de l’éditeur.

Sauveur d’un nombre incalculable de vies menacées par le Mal de la planète, Ardyn était destiné à devenir le premier roi du Lucis, mais fut finalement rejeté et exilé.
Alors que l’empire du Niflheim vit son dernier jour, le commandant Aranea Highwind se voit confier la protection d’une jeune fille très spéciale.
L’Oracle Lunafreya est ressuscitée et découvre en sortant de son sommeil de mort que son corps a changé : elle possède à présent un nouveau pouvoir.
Après avoir contemplé l’éternité, Noctis est désormais prêt à affronter son destin en tant que Roi élu.
À travers ces histoires, une aube nouvelle se lève sur Éos.

Un peu de mise en contexte.

Final Fantasy est une référence dans le domaine du RPG. Par RPG comprendre jeu de rôles. C’est un genre de jeux vidéo où la narration est tout aussi importante si non plus que le jeu en lui-même.

Et dans ce domaine, Final Fantasy est particulièrement reconnu pour ses formidables histoires, ses univers sans cesse renouvelés à chaque épisode, son travail d’écriture phénoménale qui est la base pour la construction ultérieure des jeux vidéo.

C’est souvent peu connu, mais un jeu de rôles contient autant de ligne à lire qu’un bon roman. Mieux encore, certains jeux comme Persona 5 ou Disco Elysium représentent l’équivalent en mots d’un livre de 1500 pages.

Mais revenons à Final Fantasy. Ce n’est pas la première fois qu’un roman est issu d’un jeu de cette licence. L’univers est si riche qu’il laisse énormément de liberté pour créer de nouvelles histoires et si sur internet les fanfictions pullulent, dans les librairies les livres apparaissent… Cela dit, de façon assez confidentielle, il est vrai.

Mais ce Final Fantasy 15 , The Dawn of The Future est très particulier, unique même. Non ce n’est pas une nouvelle histoire sur l’univers étendu de ce jeu.

Final Fantasy 15 c’est l’histoire d’un jeu vidéo au développement chaotique. Voulant toujours faire « plus », l’écriture du scénario de ce jeu était particulièrement ambitieuse… Une ambition que les développeurs ont eu toutes les peines du monde à concrétiser en jeu vidéo.

Après des années de développement et un budget très largement dépassé, l’éditeur a décidé de stopper les frais : le jeu doit sortir à tout prix, quitte à bâcler. Les joueurs ont ainsi découvert un jeu ambitieux mais cassé avec des plaies béantes au niveau narratif.

Comme pour écoper un navire qui prend l’eau, l’éditeur a annoncé la sortie de 6 « mini-jeux », des DLC (contenus téléchargeables) vendus quelques euros à l’unité. Les 3 premiers devaient boucher les trous de cette histoire, les 3 derniers devaient raconter la fin de l’histoire…

Les 3 premiers DLC auront été des échecs cuisants, au mieux médiocre, au pire totalement inintéressant… Les joueurs déjà échaudés par le jeu de base, ne comptaient plus mettre la main à la poche.

Il n’était donc plus question de réaliser les 3 derniers DLC censés raconter la véritable fin… Tant pis pour les joueurs qui les attendaient avec impatience… mais une alternative était toute trouvée : économique et parfaitement respectueuse du travail des scénaristes : publier cette histoire sous la forme d’un roman et c’est ainsi qu’est né Final Fantasy 15 The Dawn of The Future.

Jun Eishima, largement connu pour avoir écrit des romans basés sur des univers de jeux vidéo, va donc s’atteler à une tâche assez particulière, retranscrire sous la forme d’un roman, la fin du script de Final Fantasy 15.

A qui s’adresse ce livre ?

Je m’excuse pour cette longue mise en contexte mais elle reste, pour moi, indispensable pour comprendre dans quoi on met les pieds.

Non ce n’est pas un roman tiré d’un univers de jeu vidéo qu’on peut aisément lire sans avoir joué au jeu préalablement, c’est plutôt une seconde partie d’une œuvre dont la narration a débuté en 2008 lors de la première présentation d’un jeu qui ne s’appelait même pas Final Fantasy 15 et 2019, date à laquelle le livre fut disponible.

Il est donc très peu conseillé d’attaquer ce roman sans avoir joué au jeu et ce n’est pas les 7 pages au début du livre résumant les évènements traversés dans le jeu vidéo et présentant les principaux personnages qui changeront grand-chose. S’il y a bien un écueil à signaler, il est là : presque rien n’est fait pour accueillir le nouveau venu. C’est un livre pour ceux qui veulent connaitre la fin de l’histoire et les quelques pages de résumé ne sont là que pour nous rafraîchir la mémoire, rien de plus.

Et c’est dommage.

L’auteure a su intelligemment combler les failles du jeu vidéo, cherchant à donner une sorte de rédemption à l’œuvre dans son intégralité.

L’histoire.

Jun Eishima prend à contrepied cette critique et place un trio féminin au cœur de cette histoire.

Narré sous la forme de 4 chapitres, les 3 premiers raconteront l’histoire de ces 3 femmes.

• On retrouve Lunafreya, mais cette fois elle est bien plus réfléchie et intéressante à suivre que dans le jeu. Moins sûre d’elle, allant même jusqu’à douter de sa foi et de sa mission d’oracle, c’est un véritable plaisir de la retrouver ainsi.

• Sol est un personnage original, héritière d’un empire mais au comportement rebelle, forte et avec un caractère bien trempé.

• Enfin on retrouve aussi Arenea, une mercenaire de l’empire du Niflheim, ce même empire en ruine dont Sol est l’héritière.

C’est surtout une histoire de combats, des forces du bien contre les forces du mal… On est quand même sur un script de jeu vidéo ! Et le livre ouvre sur ce qu’aurait dû être les derniers chapitres du jeu : la nuit noire s’est abattu sur l’ensemble des Royaumes du Niflheim et du Lucis. Les daemons parcourent le monde en toute liberté et l’humanité quasiment décimé survie dans quelques villes éparses.

Mon ressenti sur cette lecture.

Fort heureusement, le livre « The Dawn of the Future » ne se limite pas uniquement à la description d’une succession de combats, il va bien au-delà et finalement la guerre contre Ardin et les Daemons seront en arrière-plan.

L’auteure mettant surtout en avant ses personnages et leurs motivations. Avant de raconter l’histoire de ces 3 héroïnes, le roman s’attarde sur Ardyn, le grand méchant autoproclamé mais incompris du jeu. Des dizaines de pages plus tard, tout prend forme, tout devient logique et bien entendu il n’y a pas qu’Ardyn qui deviendra soudainement intéressant, ça sera le cas des différentes héroïnes de ce livre, relayant les 4 héros du jeu de base à de vulgaires spectateurs n’ayant leurs heures de gloire que pendant une dizaine de pages.

C’est vraiment ce que j’apprécie dans ce livre, qui prend le temps de se poser et de décrire les motivations de chaque personnage.

Alors oui on est dans un livre où les dialogues occuperont une place principale, relayant au second plan les traditionnelles descriptions.

Mais chaque conversation sera importante, il n’y a pas de remplissage, pas de mots en trop. Le comportement des différentes héroïnes va sensiblement se modifier page après page et il est forcément nécessaire d’amener progressivement ce changement via quelques échanges généralement bien écrit et correctement mis en scène.

Ce livre se lit assez vite, sans grandes difficultés. On est finalement dans une sorte de huit clos avec peu de personnages, peu d’environnement… Et tant mieux selon moi. En évitant de se disperser Jun Eishima réussit ainsi parfaitement sa mission.

Bref c’est cohérent.

Une cohérence qui fait du bien et qui manquait cruellement au jeu vidéo.

Pour conclure.

Ce livre est indispensable à quiconque a connu de près ou de loin l’histoire du jeu vidéo.

L’éditeur du jeu a cherché à écoper en vain un bateau qui prenait l’eau de toute part, Jun Eishima l’a reconstruit et magnifié rendant hommage à l’incroyable travail réalisé sur le script d’origine.

Très agréable à lire et intelligent dans sa manière de narrer les évènements, il apporte une belle conclusion à Final Fantasy 15 qui le méritait bien !

Ma note : 17/20

Un grand merci à Suliven Gaming d’avoir prêté sa plume à placedesbouquins.com

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