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LE CROCUS JAUNE de Laila Ibrahim

Editions Charleston ou Pocket

Noir et Blanc …

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Il y a tellement longtemps que ce livre est dans ma PAL ! Tellement longtemps que j’en lis des retours toujours positifs !

Alors enfin, ce fut le moment.

J’ai eu envie de découvrir ce récit à la double dimension humaine et historique.

Le résumé de l’éditeur.

À sa naissance, Lisbeth est enlevée à sa mère pour être confiée à Mattie, une esclave, qui se voit contrainte de se séparer de son propre bébé pour devenir la nourrice de l’enfant.

Une relation intense, qui va influencer leurs vies pendant des décennies, se développe entre elles et Lisbeth trouve auprès de Mattie et des siens sa famille de cœur.

Mais un tel lien entre deux personnes que tout sépare est-il vraiment sans conséquence ?

Mon ressenti sur cette lecture.

Le Crocus Jaune, c’est en premier lieu deux femmes incroyablement courageuses, au destin que tout oppose. Maddie est une esclave du domaine de Fair Oaks dont la famille Wainwright est propriétaire.

La maîtresse de maison ayant donné naissance, il est de coutume que l’une des inférieures devienne la nourrice de cet enfant. Pour allaiter et s’occuper de la petite Élisabeth, Maddie se voit séparer de son propre fils du même âge. La douleur qu’elle en ressent alors est à la hauteur du lien unique qu’elle va tisser avec la petite fille.

Ce que j’ai aimé dans ce livre, c’est l’incroyable force et l’humanité de ses deux personnages principaux. Comme à l’accoutumée, les Éditions Charleston font la part belle aux héroïnes d’existences exceptionnelles.

Malgré sa vie de misère, la pauvre Maddie, donnera à l’enfant d’une autre tout l’amour qu’elle peut lui donner. Élisabeth, elle, également appelée Lisbeth, puisera en l’amour de sa nourrice toute sa bienveillance, son intelligence et sa bonté d’âme.

Et même si leurs conditions bien éloignées finiront par les séparer, les graines semées par Maddie dans le cœur de la petite fille, finiront immanquablement par germer pour faire éclore une jeune femme à la personnalité de toute beauté.

J’aime ce genre de romans historiques qui allient humain et héroïnes. Je lis rarement des ouvrages traitant de l’esclavage et je pense qu’en cette période difficile où le mot liberté revient avec véhémence, il est bon de nous nourrir et de nous enrichir de ce genre de récit pour nous faire réfléchir, rendre compte de la réalité d’aujourd’hui et de la chance qui nous est offerte.

Ce livre aborde avec détermination les prémices de la fin de l’esclavage, c’est une lecture tragique et bouleversante. Nous sommes immergés comme la petite Lisbeth dans une dure réalité que celle de la vie des esclaves à travers la famille de Maddie. Celle d’une vie faite de violence (notamment celles faites aux femmes utilisées par les hommes blancs pour assouvir leurs pulsions ignobles sous couvert de secrets de polichinelle), de séparations lorsqu’un membre de votre famille, votre propre enfant, vous est arraché, vendu à un autre domaine. Une vie à n’être qu’un objet, possédé par un autre, une vie où vous n’êtes personne aux yeux de la société, sans aucune éducation, une vie où toute humanité vous est purement et simplement ôtée, une vie à rêver du mot liberté !

Je trouve que la ligne d’écriture qu’utilise l’auteure est judicieusement choisi : les yeux de Lisbeth sont les nôtres. Nous découvrons, nous grandissons avec elle. J’ai aimé la plume de Laila Ibrahim.  Les phrases sont rythmées, les mots simples, les chapitres courts. Seul le patois m’a un peu gêné mais il est sûr qu’il est nécessaire à l’authenticité de l’histoire.

L’utilité comme la valeur de ce roman n’est pas à prouver.

Deux héroïnes qui refusent de s’arrêter à la couleur de peau dans un monde où tout est fait pour les séparer.

Je pourrais parler de ce livre pendant des heures ! À lire absolument, magnifique !

A noter la sortie prochaine aux Éditions Charleston de la suite : Un Grain de Moutarde le 17/08/2021.

Pour conclure.

Deux femmes d’une force incroyable, deux héroïnes d’une profondeur humaine qui laissent sans voix.

Plongé dans un contexte historique, où la couleur de peau est l’emblème inévitable de ce qui les oppose, leur lien indestructible sera le symbole précurseur d’une justice en devenir.

J’ai dévoré, adoré, admiré ce livre autant qu’il m’a émue.

Ma note : 19/20

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