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LE PASSE DEVANT SOI de Carine Estrade

Editions Nouvelles Plumes

Ombre et Lumière.

J’avais été très vite séduite par la couverture et le résumé de cet ouvrage paru aux éditions nouvelles plumes où je l’ai découvert.

Je ne connaissais pas l’auteure, mais l’intrigue me plaisait assez bien, il était donc temps de m’y plonger, depuis le temps qu’il m’attendait sur l’étagère.

Mon résumé.

Une mère acariâtre, un deuil familial douloureux, un divorce difficile, Louise n’a pas d’autre choix que de revenir, avec ses deux enfants, dans la maison de son enfance où vit seule, celle qui l’a mise au monde.

Gaieté envolée et ambiance morose pour ce lieu où le passé semble s’être figé. Où est cette belle demeure d’autrefois au jardin magnifique ? A l’intérieur, tout est désormais délabré du sol au plafond. A l’extérieur, la nature, elle, a repris ces droits effaçant toutes traces du labeur de l’homme.

Entre ses enfants, sa mère, son travail et cette ruine, Louise ne s’en sort pas.

Au loin, quelqu’un l’observe depuis plusieurs mois. Une traque, une obsession malsaine a envahit Thomas, qui, dans l’ombre de lui-même, ne vit plus que pour cette famille.

Alors quand Louise, admet enfin qu’elle a besoin d’aide, c’est l’occasion qu’il attendait. Il se fait embaucher comme l’homme à tout faire de la maison. A la fois, nounou, bricoleur, jardinier ou encore cuisinier, depuis son arrivée l’ombre redevient peu à peu lumière.

Ensemble, ils s’apprivoisent, reprennent goût à la vie, donne une nouvelle jeunesse à la maison où les sourires et les rires timidement se réinvitent.

Pourtant, Thomas, ce n’est pas le hasard … Qui est-il réellement ? Pourquoi est-il là ? Son lourd secret est une épée de Damoclès sur ce fragile bonheur retrouvé …

Aura-t-il le courage de toute avouer avant que la vérité n’éclate ?

Tout ce qu’il voulait s’était réparer puis s’en aller …

« Louise, si tu savais, je ne te veux aucun mal … Je n’avais pas prévu de rester. »

Mon ressenti sur cette lecture.

En général, j’aime déjà profondément ce genre de livres, un peu à la « Ensemble, c’est tout » de Anna Gavalda, qui fait parti de mes références préférées, de ces livres que je n’oublierai jamais.

Des âmes éloignées qui n’ont pour seul point commun que celui d’être toutes cabossées, chacune en train de tomber, mais qui par la beauté et le miracle de la vie, était vouer à se rencontrer pour arriver, ensemble, à se relever et réapprendre à s’aimer.

Le passé devant soi, c’est ce genre de livre, celui qui vous coconne et que vous prenez plaisir à retrouver mais la rencontre est quelque-peu différente, et je trouve que cette nouvelle approche, inédite pour ma part dans le genre, est très intéressante.

Au premier abord, Thomas nous apparaît comme un véritable déséquilibré, qui semble traquer cette femme et sa famille de façon obsessionnelle. On commence à avoir peur pour Louise, car l’on ne connaît pas ses réelles motivations et nous sommes donc plongé dans les premières pages dans un thriller et non plus dans un feel-good.  Et c’est là qu’intervient judicieusement et admirablement la patte de l’auteure, qui au fil des pages, nous embarque, dans l’empathie, dans l’attachement pour ses personnages, tout en nous faisant rester sur nos gardes. C’est un employé modèle, quelqu’un d’aimant et de lumineux pour cette maison mais quelles sont ses intentions réelles ?

Cette question m’aura porté tout au long du livre finalement.

C’est indéniable, on s’attache à lui, on l’aime bien, on se passionne pour ce personnage attachant et pourtant on garde bien au coin de la tête cette part d’ombre qui demeure en lui. C’est vraiment bien joué, je trouve, pour se distinguer des ouvrages du même style.

Et puis, il y a ce passé, l’histoire de cette famille si bien symbolisée par cette vieille demeure familiale. On peut le voir de deux façons : Plus le passé est déterré, plus la maison reprend des couleurs et retrouve sa beauté d’antan, comme une renaissance ou à l’inverse plus la maison reprend une seconde jeunesse, plus le passé s’oblige à panser les blessures de ses occupants pour aller de l’avant. Ces êtres abimés ont chacun leur histoire, leurs fantômes, leurs blessures destinés à les faire tomber et pourtant, ensemble, ils vont se relever. J’aime souvent penser à l’histoire d’une maison, à son silence, à ces vieux murs à travers les années, à elle qui est un lieu chargé d’histoires, gardienne de tous les secrets derrière ses vieilles pierres.

Alors oui, il y a beaucoup d’émotions dans ce roman, de très belles pages d’écritures qui semblent aimer véhiculer de très beaux messages …

C’est un recueil qui aborde avec pudeur et respect un certain nombre de thèmes dont certains sont rarement évoqués en littérature, comme le syndrome d’alcoolisation fœtale, l’alcoolisme, la dépression … Alors, pour moi, il s’agit d’une sorte de feel-good d’un genre nouveau mêlée à une excellente intrigue que je n’avais pas vu du tout venir à l’heure de la révélation finale.

Bravo Carine Estrade, je suis conquise !

Pour Conclure.

Des thématiques assez fortes, rarement abordées en littérature pour certaines, une intrigue sur le fil du thriller, intelligemment mêlée à des êtres fragilisés par la vie qui vont s’aider mutuellement, inconsciemment, à se relever. Il n’en fallait pas plus pour que je trouve ce livre tout simplement beau, utile et porteur de pensées positives.

A découvrir car il vaut le détour, vraiment.

Ma note : 17/20

Prix éditeur Nouvelles Plumes France Loisirs : 14.99 €uros

Mes citations préférées.

Vous aussi, vous devez apprendre à faire table rase du passé. Vous portez une ombre qui vous empêche de respirer, de prendre la vie qui vous appartient. Je vous observe depuis que vous êtes arrivé. Je ne sais pas ce que vous faites réellement dans cette ville, Thomas, à vous occuper de la maison des Lambert, mais je voudrais vous donner un conseil : ne perdez pas votre temps à ressasser, tirez les leçons de vos erreurs et avancez, c’est tout ce que vous demande la vie !

LE PASSE DEVANT SOI de Carine Estrade

Mon garçon, le bonheur est un état d’esprit. Tant qu’on est vivant, on y a droit. Y croire n’a rien à voir avec l’histoire.

LE PASSE DEVANT SOI de Carine Estrade

Ma mère aimait les livres, elle pouvait passer des heures à la bibliothèque municipale à flâner entre les rayons, ouvrant çà et là des ouvrages. Elle ne croyait pas au hasard, elle me racontait que les passages sur lesquels elle tombait étaient comme des messages que Dieu lui envoyait.

LE PASSE DEVANT SOI de Carine Estrade

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