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LES DELICES DE TOKYO de Durian Sukegawa

Editions Albin Michel ou Le livre de Poche.

Prenons-nous la main.

Il y a ces livres où l’on n’a pas vraiment réussi à accrocher, ceux qu’on a aimé, mais qui pourtant ne font que passer …

Et puis, il y a ceux qui nous parlent, qui nous font vibrer, ceux qui ont réussi à nous bouleverser, ceux qui laissent une trace en nous, et donc ceux qui s’arrêtent à l’intérieur de nous …

Pour moi, les Délices de Tokyo fait parti de ces livres uniques …

J’y suis profondément attachée, au point d’avoir eu envie de le redécouvrir, de voir l’adaptation cinématographique, de goûter aux Dorayakis, de le garder dans ma bibliothèque, comme dans ma cinémathèque …

Et aujourd’hui, j’avais de nouveau envie de vous en parler car à l’époque où je l’ai découvert, je commençais tout juste le blog et je ne l’ai pas assez mis en valeur à mon goût …

Vous me suivez au Japon ?

Mon résumé.

La version japonaise du livre

Sentarô n’a pas été épargné par la vie. Mais quelqu’un lui a tendu la main et il s’efforce aujourd’hui de rembourser sa dette en travaillant dans une petite échoppe typique japonaise de Dorayakis.

Le Dorayaki ? C’est une petite pâtisserie bien connue au Japon. A base de pancakes et de pâte sucrée d’haricots rouges, c’est plutôt en version industriel et sans grande conviction que notre apprenti marchand l’imagine et le confectionne. Ce qui s’en ressent sur la fréquentation de son commerce.

Alors, quand il va croiser la route de Tokue, cette vieille dame mystérieuse aux doigts déformés, grande déesse de la pâte de haricots rouge, c’est sa vie qui va être bouleversée.

Cette petite mamie attachante veut à tout prix travailler avec lui et lui transmettre son savoir-faire. D’abord réticent, Sentarô va finir par s’attacher à elle et tous les deux vont apprendre à s’apprivoiser. C’est alors que les chiffres s’envolent et que la boutique rencontre un succès inattendu.

Malheureusement, rattrapée par son passé et un monde cruel, Tokue est contrainte de quitter la boutique du jour au lendemain.

Mais que cache en réalité notre vieille dame ? Quel héritage plein d’humanité a-t-elle voulu laisser à Sentarô ? Pourquoi leurs destins se sont t’ils croisé, embarquant avec eux celui d’une jeune adolescente mal dans sa peau ?

On a tous à apprendre les uns des autres …

Mon ressenti sur cette lecture.

Instantanément transporté dans la rue « Sakuradôri » où se trouve « Doraharu », l’échoppe de Sentarô, j’ai d’abord tout de suite cherché à savoir à quoi pouvait bien ressembler cette pâtisserie japonaise que l’on nomme « Dorayaki ».

Il faut bien souligner que je m’y suis complètement projeté, sentant l’odeur de la pâte, du sucre et l’ambiance apaisante autour de ce lieu. J’allais bien me sentir dans cette histoire et je ne me suis pas trompé.

Sentarô a un passé difficile. Il sort de prison quand l’ancien patron de « Doraharu » lui propose d’y travailler. Il s’en sort aujourd’hui seul, sans grande conviction pour ces petits gâteaux qu’il n’a finalement pas appris à confectionner selon les règles de l’art, se contentant de préparations industrielles toutes faites.

Un jour, une vieille dame insiste auprès de lui pour se faire embaucher. D’abord réticent, c’est moins par dépit mais plus par empathie, qu’il invite la vieille dame à travailler avec lui. Et contre tout attente, Tokue se révèle être une déesse de la pâte de haricots. Tous les deux s’apprivoisent doucement, au jour le jour, et les clients affluent. Cet échange intergénérationnel est extrêmement touchant.

Malheureusement, la vie de Tokue va de nouveau la rattraper. Ces mêmes personnes qui l’adoraient encore hier à la boutique vont en avoir peur comme la peste aujourd’hui. Sentarô n’a pas le choix, il doit se séparer de la vieille dame pour ne pas mettre la boutique en péril, ordre de sa patronne.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, accompagné d’une jeune adolescente que Tokue avait pris sous son aile, ils vont se prendre d’affection tous les trois et ce que la vie a abîmé, la vie est capable de la réparer ou de l’apaiser … Ensemble, on est plus fort.

Ce livre est magnifique ! Plein de délicatesse, d’une écriture douce et poétique qui vous transporte. J’ai aimé cette faculté de nous emmener vers l’évasion grâce à cette magie de la culture japonaise toujours prête à nous dépayser.

L’amitié pudique, forte, pleine d’amour et de transmission entre trois générations est merveilleusement bien décrite et mise en valeur par le style simple et envoûtant de l’auteur. Le savoir-faire, l’amour, ne se transmet pas forcément en famille quand on n’a pas eu cette chance. Parfois, la vie est surprenante et nous en offre une seconde qu’il faut saisir. Ce livre en est la démonstration pure et simple.

Alors, si vous avez envie de vous envoler pour Tokyo, pour quelques heures, pour quelques pages, je vous le conseille les yeux fermés.

Pour conclure.

Une rencontre intergénérationnel émouvante et superbement desservie par une plume magnifiquement délicate, d’une douceur apaisante.

Ce livre est un coup de cœur qui va raisonner très longtemps au fond de moi et que j’avais vraiment envie de vous faire partager de nouveau.

Ma note : 18/20

Prix éditeur format poche : 6.90 €uros

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