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SOUS LE PARAPLUIE D’ADELAÏDE de Romain Puértolas

Editions Albin Michel

Egalement disponible Aux Editions France Loisirs

Coupable d’être …

Pour ceux et celles qui me suivent régulièrement, vous savez déjà que j’avais beaucoup aimé « La Police des Fleurs, des Arbres et des Forêts » paru en 2019 de Romain Puértolas.

C’est donc tout naturellement et avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai eu envie de découvrir son nouveau roman.

Mon résumé.

Lieu : Ville de M.

Faits : Meurtre de Mme Rivière Rose.

Circonstances : Etranglement de la victime au milieu de la foule du spectacle de Noël de la ville de M.

Suspect : Michel Pandanjila.

Particularité : Homme de couleur noire.

Preuve : Une photo présentant la victime en train d’être étranglée par des mains noires.

Problème (en réalité, ce n’en est un pour personne et c’est bien là tout le problème): La photo est prise en noir et blanc.

Témoin du drame : Un mystérieux monsieur, en fauteuil roulant, abrité par le parapluie d’une dame.  A ce jour, le témoin n’a pas été retrouvé.

Défense : Maître Martine Moinard.

Verdict à l’unanimité : Coupable d’être noir.

Mais, c’est sans compter sur la pugnacité et la détermination de l’avocate de Michel qui va ressentir bien plus que de l’empathie pour ce client inhabituel, fragile, doux et attentionné.

Une histoire d’amour aussi belle qu’interdite aux mains d’un mystérieux témoin aussi introuvable, qu’insolite …

Mon ressenti sur cette lecture :

Un roman dans un style toujours aussi décalé pour une histoire et une plume signature, toujours aussi délicieusement rétro, que l’on reconnaîtrait probablement entre mille.

Même si « La Police des Fleurs, des Arbres et des Forêts » restera sans nul doute mon préféré pour son côté novateur, j’ai encore beaucoup aimé me plonger au sein de cet ouvrage plein de rebondissements au style « cosy mystery ».

La trame, qui paraît simple et superficielle, de prime abord, masque en réalité toute la profondeur d’une histoire pleine d’humanité, aux messages forts et touchants.

Le racisme, la peur de la différence, l’amour impossible, principaux thèmes abordés dans ce livre sont rendus remarquablement vivant à travers des personnages attachants, émouvants et bien plus complexes que l’on pourrait croire.

Michel Pandanjila n’a commis qu’un seul délit, celui d’être le seul homme noir de la ville. Ce qui ne le rends pas suspect du meurtre de Rose Rivière, pour autant, mais plutôt injustement coupable d’office. Il est incarcéré simplement sur la thèse rocambolesque que la victime apparaît sur une photo en train d’être étranglée par des mains noires. Sauf que cette photo a une caractéristique bien particulière dans l’affaire qui nous intéresse ici : c’est un cliché en noir et blanc ! Autrement dit, une preuve totalement irrecevable dans un monde censé.

Mais nous ne sommes pas dans un monde censé et très loin du 21ème siècle.

Nous sommes à une époque où l’on traite la couleur de peau de sale nègre. A une époque, où les femmes n’ont pas vraiment encore leur place dans la justice. Pourtant, une jeune avocate va mettre les pieds dans le plat et tenter de prouver l’innocence de son client. Mais, ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est d’en tomber amoureuse. Elle n’avait pas prévu de vivre une histoire interdite, une histoire condamnée et jugée, à l’aube même de sa naissance, par la cruauté humaine.

Tous ces thèmes forts, qu’il était important, pour moi, de souligner, se fondent à la perfection dans une enquête policière légère, agréable, fluide, teintée d’humour et d’autodérision.

Grâce à la plume inimitable et à l’humour de Romain Puértolas, je me suis prise au jeu et j’ai réussi à découvrir qui se cache derrière Basile et Bruno sans pour autant réussir à percer le fin mot de l’histoire auquel je ne m’attendais absolument pas. Car ce livre, vous réserve bien des surprises jusqu’à sa dernière page !

Sa force, selon moi, étant qu’il soit distrayant tout en dénonçant.

Pour conclure.

Une plume reconnaissable et toujours aussi agréable pour une enquête policière d’apparence légère mais bien plus profonde qu’il n’y paraît en réalité.

J’ai retrouvé avec plaisir Romain Puértolas dans ce nouvel opus et j’attends le prochain avec impatience.

Ma note : 16/20

Ma citation préférée :

Je me souviens encore du sentiment qui m’assaillit en sortant de la maison d’arrêt ce jour-là, le sentiment terrible que la partie qu’il me serait donné de jouer serait compliquée. Très compliquée. Qu’une femelle défendant un Nègre était un monstre que la machine judiciaire française n’hésiterait pas à broyer.

SOUS LE PARAPLUIE D’ADELAÏDE de Romain Puértolas

Quand on aime la vie, on ne lit pas. Rose se réfugiait dans la lecture pour essayer d’oublier cette vie morne pour laquelle elle venait de signer. En contrepoids du piège de la vie maritale qui se refermait sur elle, elle voulait vivre des aventures extraordinaires. Bien qu’il lui faille ne jamais quitter son divan.

SOUS LE PARAPLUIE D’ADELAÏDE de Romain Puértolas

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