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MAÏMAÏ de Aki Shimazaki

Editions Actes Sud

Bonbon japonais

Maïmaï, c’est le hasard d’une rencontre au détour d’un rayon nouveautés d’une librairie …

C’est un achat qui date de l’année dernière qui ressurgit par une envie de littérature japonaise souvent si douce en cette période si difficile.

Mon résumé.

Avec l’aide de sa mère Bâchan, Mitsuko tient, depuis toujours, une petite librairie japonaise bien connue de tous.

Mais la libraire décède soudainement léguant sa boutique à son unique fils, Tarô, jeune peintre sourd et muet. Soutenu par sa grand-mère, celui-ci va transformer le lieu en galerie de peintures et ainsi faire perdurer le petit commerce familial.

Devant sa vitrine, il croisera de nouveau la route de Hanako, cette amie d’enfance venue lui présenter ses condoléances. Malgré la différence du jeune homme, tous les deux tomberont éperdument amoureux l’un de l’autre.

Seulement, l’ancienne librairie n’a pas encore livré tous ces secrets.

Et si sa mère n’était pas vraiment celle qu’elle disait être à son fils ? Si ce lieu détenait en réalité les clés de durs secrets de famille ? Ce n’est pas uniquement à son histoire et à ses vraies racines que Tarô devra faire face, c’est aussi à son présent et à son amour pour Hanako que le passé va inévitablement remettre en cause.

Mon ressenti sur cette lecture.

Bienvenu dans la délicatesse, la poésie, la douceur d’un écrit pure tradition japonaise. A chaque fois, ce genre de littérature me fait le même effet : une pause, une bulle hors du temps, un cocon, une protection « tout va bien, ne t’en fait pas ». Et pourtant, tout ne va pas bien pour Tarô, notre héros sourd et muet. A peine vient-il de perdre sa mère, qu’il doit prendre la décision de regagner la maison familiale dont il vient d’hériter et dans laquelle vit déjà sa grand-mère.

Le but ?

Transformer la vieille librairie en galerie de peinture. Sauvegarder la tradition familiale en y imprimant une part de soi. C’est magnifique, non ? Pourtant, ce cadre idyllique va vite être assombri car cette partie de soi et tout le reste va être totalement ébranlé au fur et à mesure que vont resurgir les secrets enfouis du passé.

L’écriture est belle et nous emporte facilement avec elle. Je ne connaissais pas cette auteure et c’est donc une belle découverte. Certes, j’ai vu venir très tôt la finalité de l’histoire ; on comprend très vite où cela nous mène. Mais, on se laisse glisser, tellement c’est criant de calme et de sérénité.

Et voilà, ce qui est bien saisissant et paradoxal dans cette lecture. Quel contraste, il en ressort ! En effet, nous avons une lecture qui reste si douce malgré le côté tragique et dramatique des événements ! Pour moi, c’est réellement un art que de savoir donner un tel ton à un récit d’une telle envergure.

Car Tarô va découvrir l’impensable non seulement sur sa mère mais également sur sa naissance et cela aura de terribles répercutions sur son présent. Malgré lui, va se dérouler sous ses yeux la quête de ses origines qu’il croyait pourtant connaître. Un terrible secret qui viendra remettre en cause son histoire avec Hanako qu’il n’a finalement peut-être pas rencontré par hasard.

Tous les personnages sont attachants, passionnés, inspirants de respect. C’est vraiment le genre de littérature asiatique que j’adore. L’auteure explore avec brio les secrets de familles, le poids du fardeau, les conséquences futures …

Alors, mon seul regret à cette lecture, sera de n’avoir pas su que ce livre était en fait la dernière partie d’une série qui s’appelle « L’ombre du chardon ». Du coup, il y avait un avant.

Et si cela ne m’a pas du tout gêné dans ma lecture puisque l’ouvrage est finalement très indépendant des précédents, il faut quand même savoir que du coup, on reste sur sa faim, laissant imaginer un ultime opus dont Maïmaï est pourtant annoncé comme le dernier.

Dommage, je serais bien resté du côté de la galerie Kitô !

Vous venez m’y retrouver ?

Pour conclure.

Une belle découverte que la plume de Aki Shimazaki (Japonaise vivant au Québec et écrivant tous ses livres en français) d’où doit très probablement venir toute la douceur transmise par cet ouvrage.

Un beau voyage initiatique et lumineux au cœur du Japon que je n’oublierais pas de sitôt.

Un contraste saisissant entre calme, sérénité et événements dramatiques.

Une belle lecture qui m’a transportée.

Ma note : 16/20

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