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BOY DIOLA DE Yancouba Diémé

Editions Flammarion

A toi, mon père … !

Ce livre est une sortie de la rentrée littéraire de septembre 2019 que je ne pouvais pas louper. Il a très vite rejoint ma PAL pour y rester très peu de jours finalement … Trop pressée que j’étais à l’idée de découvrir l’histoire d’Apéraw …

Mon résumé.

Boy Diola, c’est l’histoire du papa de Yancouba Diémé, l’auteur de cet ouvrage. De ce père qui a quitté son pays dans l’espoir d’une vie meilleure, il nous raconte tout : son pays d’origine, l’exil, l’arrivée en France, le nouveau départ, la nouvelle vie d’ouvrier, les joies, les peines, la descente aux enfers, la débrouille mais aussi les jours meilleurs …

Des années soixante à nos jours, c’est le destin d’un homme issu d’une famille très modeste qui n’a pas eu d’autre choix que de fuir pour enfin pouvoir construire…

Mon ressenti sur cette lecture.

La proposition de ce livre m’a beaucoup séduite. L’auteur rend hommage à son père en le racontant pour graver à jamais par les mots la vie pas toujours facile de cet homme dont il admire la force et le courage. Et cette vie, qu’elle avait besoin d’être mise à jour ! Mesurez-vous le courage qu’il faut pour tout quitter, sans rien, juste soi-même pour seul bagage ! Juste partir, naviguer vers l’inconnu avec pour unique réconfort le rêve d’une vie meilleure, l’espoir de pouvoir construire et n’avoir pas d’autres choix. Et combien sont-ils encore à notre époque à vivre la même situation ? Question de survie … Laisser derrière soi, son pays, sa famille, sa culture et arriver vers l’inconnu. Puiser la force de bâtir : un toit, une famille, une nouvelle vie dans un environnement pas toujours aussi accueillant que l’on aurait pu le croire.

Pour cela, Apéraw arrive en France et attends beaucoup de son travail car c’est sa seule arme pour l’avenir finalement. C’est un homme très courageux qui va trouver très vite un emploi d’ouvrier à l’usine Citroën d’Aulnay-sous-Bois à laquelle il sera fidèle chaque jour. Il prend ses marques, ses habitudes et cette ambiance nous fait agréablement replonger dans les années 70/80 avec nostalgie. En tout cas, ce fut mon ressenti sur ces beaux passages. Puis, l’usine ferme laissant tout le monde sur le carreau. Comment ne pas être déstabilisé quand on a bâti autour toute sa vie sociale ! Le point de repère n’est plus et c’est le début des années galères.

Son fils nous conte aussi les origines et le retour au pays de son père qui finalement ne sera jamais assez français aux yeux de notre République et plus tout à fait africain pour ceux de son pays d’origine. On peut aisément comprendre le malaise inhumain ressenti par cet homme qui ne se sent plus reconnu par ses pairs et encore moins par ceux du pays dans lequel il a bâti toute sa vie. Je trouve donc ce livre nécessaire et tellement utile dans la mesure où la parole est enfin donnée aux petites voix que l’on n’entend jamais. Et puis, il nous permet aussi d’apprécier notre chance et de relativiser le quotidien, ne croyez-vous pas ?

Pourtant, si vous avez parfaitement compris que j’adhère complètement sur le fond, je dois être honnête et avouer que j’ai beaucoup moins accroché sur la forme. Déjà, l’histoire d’Apéraw, je l’aurais vraiment aimé dans l’ordre chronologique. J’avoue qu’en mélangeant les époques et les endroits d’un chapitre à l’autre, je me suis très souvent perdue. Alors que certains passages sont vraiment très intéressants, d’autres coupent le rythme en passant à autre chose pour y revenir bien plus loin. Tellement dommage !

Enfin, à certains moments je me suis sentie exclue du récit. Comme s’il était destiné à un cercle fermé. Une impression peut être due à un vocabulaire que je ne comprenais pas ou à une sensation qu’il fallait être là pour comprendre, je ne sais pas vraiment. C’est vraiment dommage car ce livre est pour moi un diamant mais à l’état brut ; il aurait juste fallu qu’il soit un peu plus taillé et façonné pour obtenir le superbe joyau qu’il aurait dû être à mon goût.

Maintenant, encore une fois, il ne s’agit que d’un ressenti personnel et j’avoue qu’après avoir lu « l’Enfant Cadeau » de Kabouna Keita » sur le même thème, un gros coup de cœur 2018, j’avais placé la barre très haute.

Pour conclure.

Très bonne idée, très beau témoignage, très bel hommage à graver dans le marbre et rien de tel qu’un livre pour cela. Mais une construction trop peu ordonnée à mon goût, un style qui n’a pas vraiment su me faire prendre part au récit et je le regrette sincèrement ! Je suis un peu déçue, j’attendais beaucoup de ce livre.

Le prochain de Yancouba Diémé peut-être, je suis prête à retenter …

Ma note : 13/20

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